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La cible, partie 1

Caucase, août 1988, Camps du professeur Henri Wisselski, anthropologue

 

C’était un matin frais et dégagée. Le soleil chauffait lentement le sol humide par la rosée. Dave était en retard. Il avait quitté le bateau après les autres et avait du prendre la dernière navette jusqu’au camp. Etre ici était la dernière chose qu’il aurait voulu. Il n’était pas du genre à faire du camping. Mais un voyage d’étude à l’étranger était une aubaine, une chance à ne pas manquer. Enfin, c’est ce que disait Ben Barth, son père. Dave était un intellectuel. Il aimait être dans ses livres.

 « Le grand air te fera du bien ! » Lui avait dit son oncle André. Alors, il avait apprécié le voyage. Il n’avait parlé à personne, même pas aux deux jeunes filles qui l’accompagnaient. Elles avaient parlé tous le temps. Depuis l’avion jusque sur le bateau. Mais lui, il avait à peine salué les filles. Il avait mis son nez dans ses bouquins et n’en était pas ressortit jusqu'à l’arrivé au port. Il avait aussi pensé à Lilly Rush, ils étaient ensemble depuis deux ans et c’était la première fois qu’ils étaient séparé pendant aussi longtemps. Il l’avait connu la première année où Elisabeth et sa mère étaient venues vivre à la maison. Ben s’était remarié et David avait du se séparer d’une partie de sa grande chambre, son père avait installé une paroi murale pour accueillir la jeune fille. Dave avait 17 ans et Elisabeth en avait 16. Mais à cette époque, Dave repensait souvent à sa mère, morte il y a 7 ans. Le jeune homme découvrait la solitude. Et plus il avançait dans la vie, plus il était seul. Pourtant, il avait quelques amis à qui il pouvait se confier comme Chan, son jeune ami chinois et partenaire d’art martiaux. Et un jour, il avait rencontré Lilly Rush. Une fille rebelle qui ne cherchait qu’à se bagarrer. Ce matin-là, c’est Elisabeth qu’elle avait choisie pour cible. David réalisa que quelque chose allait se passer. Et il s’interposa. Il y eu affrontement entre Lilly Rush et lui. Le lendemain, elle revint vers lui. Leur discussion passa en révolte puis c’est là qu’il l’embrassa. Surprise, elle ne lui dit rien et partit en courant. Une semaine passa et elle se retrouva dans une situation critique entre une chef de bande. Dave démontra son art du Kun Fu et depuis, ils ne se sont plus quittés. Il lui donna une raison de vivre et un but. Depuis, elle changea de vie et s’appliqua aux études. L’influence de David avait été positive pour elle. Et leur passion se changea en amour.

 - David Barth ? Demande un homme d’une quarantaine d’années.

 Le jeune homme acquiesça. Il suivit l’homme vers un baraquement. Le terrain était humide et boueux. On pouvait clairement reconnaître qu’il avait plu la nuit. Les tentes alentours laissaient encore couler les gouttes d’eau et les étudiants tentaient de sécher leurs vêtements restés dehors pendant la nuit.

 Dave entra avec l’homme dans la maisonnette de bois. Il faisait sombre à l’intérieure et le peu de lumière provenant de la fenêtre en direction du sud donnait un faux jour. Le jeune homme fronça les sourcils et tenta de voir ceux qui étaient présents.

 - Alors, Monsieur Barth ? Dit une voix d’homme au fond de la place. Vous êtes en retard !

 David haussa les épaules et ne dit rien. Puis il vit l’homme et les deux filles qui étaient avec lui dans l’avion et sur le bateau.

 - Je suis le professeur Henri Wisselski ! dit-il en lui tendant la main.

 Barth la saisit vigoureusement comme le lui avait montré son père. Il ne s’attendait pas à voir un homme aussi jeune. Wisselski n’était pas beaucoup plus vieux que lui. Peut-être avait-il une dizaine ou quinzaines d’années de plus que lui. Il avait le front mi-dégarni, mais encore une épaisse chevelure brune. Ses cheveux tombaient sur les épaules et les lunettes rondes lui donnaient un air de Hippie. David lui sourit. Il lança un large regard vers les filles :

 - On est que trois ?

 - Vous êtes les seuls à vouloir venir ici ! Répondit le professeur. Oui, je sais, ce n’est pas un endroit prisé par des étudiants de Philadelphie et le climat est rude et difficile pendant cette période de l’année, mais il y a du travail pour tout le monde…

 Il se tourna vers une table basse et saisit un dossier dont les coins étaient usés. Il était évident que le site représentait un projet important pour lui.

 - Je te présente Lucy Ryan et Evelyn O'Connor !

 Dave leur fit signe de la tête en guise de salutation.

 - Tu peux m’appeler Eve ! Dit la plus jeune.

 - Vous trois allez m’aider à déterminer qui viendra dans la grotte avec moi aujourd’hui !

 A ces mots, le professeur se tourna vers les trois jeunes et leur remis les indications qu’il venait de taper sur sa machine à écrire.

 

Une semaine plus tard…

 

 Henri traversait le camp avec les nouvelles notes qu’il avait recueillit la veille. Soudain, il releva la tête et regarda autour de lui. Il était comme perdu. Il attendait quelque chose. Lorsqu’il croisa un étudiant, il le prit par le bras et lui demanda :

 - Tu as vu Lucy ?

 Le jeune homme secoua la tête et continua son chemin en se tournant vers le prof.

 - …Et Evelyn ?

 - …Rien vu !

 Wisselski chercha encore autour de lui. Tous les jeunes étaient occupés autour des tentes et allaient et venaient de toute part.

 - Personne n’a vu Dave ? Cria-t-il. C’est quant même pas croyable que personne ne les aient vu…

 Soudain, le sol commençait à trembler. Il y eu un grondement venant des grottes. Puis le tremblement augmenta de sorte que tous dans le camp furent vivement secoués. Certains des jeunes furent vivement propulsés sur le sol et même le professeur faillit tomber. Puis plus rien.

 - Qu’est-ce que c’était ? Demanda un étudiant.

 - Il s’est passé quelque chose dans les grottes ! Déclara un autre.

 On se précipita vers le site de recherche. Les couloirs dans les grottes semblaient intacts. Mais plus loin, avant de descendre vers le lac souterrain, d’énormes rochers encombraient fermement le passage.

 - Ils sont de l’autre côté ! Cria un jeune.

 - Qui ? Demanda Henri.

 Le jeune homme regarda son professeur comme s’il venait de faire une faute.

 - Ils sont entrés ensembles, ce matin avec Jessica !

 - Mais…Qui ? Insista Wisselski.

 - Evelyn, Lucy et Dave… !

 

 

 

Parc central de Philadelphie, Août 2006

 

L’homme qui se relevait était nu et il y avait du sang sur la peau, à plusieurs endroits. Il titubait et semblait ne pas savoir où il se trouvait. La nuit était froide et les derniers promeneurs ne semblaient pas le voir. Jusqu'à ce qu’un clochard couché sur un banc soit dérangé.

 - Hey ! cria-t-il. Tu ne peux pas regarder où tu vas ?

 L’homme sortit la tête des ses cartons et se figea lorsqu’il vit l’intrus.

 - Grande Mère de Dieu et par tous les Saints réunis !

 

 L’inconnu était couché dans le brancard des secours. Il n’avait encore rien dit et ne semblait pas réagir. Du moins jusqu'à l’hôpital.

 - Quel est votre nom Monsieur ? Demanda le médecin sauveteur.

 Pas de réponse. Pourtant il était bien conscient et réagissait à ce qui se passait autour de lui.

 - Y a-t’il quelqu’un à prévenir, votre famille, un ami, une fiancée ?

 A ce moment, son regard s’illumina.

 - …Li…Lilly Rush !

 

Bureau de la police criminel de Philadelphie

 L’inspecteur Rush rangea son arme dans le tiroir de son bureau. Lorsqu’elle releva la tête, Scotty Valens venait d’entrer. Il se précipita sur son bureau sans adresser la parole à personne.

 - Salut ! Lui dit Lilly.

 Il leva la tête et semblait perdu.

 - Quoi ?

 - On est là ! Lui dit-elle avec un sourire. Bien sûr si tu veux que l’on soit invisible… !

 - …Non, pardon ! J’étais ailleurs !

 - Je vois ça !

 L’instant d’après, le Lieutenant John Stillman sortit de son bureau.

 - Les enfants ! Dit-il. Nous avons du boulot sur la planche.

 Il remit entre les mains de Lilly un rapport d’enquête.

 - Quelqu’un à demandé à te voir Lilly !

 L’inspecteur Rush s’étonna. Elle lança un regard sur les premiers bureaux du commissariat.

 - Il est à l’hôpital. Poursuivit Stillman. Il dit te connaître.

 - Et il s’appelle comment ? Demanda Lilly.

 - David Barth ! Répondit son supérieur.

 

Générique

 Je m’appelle David Barth, j‘ai disparu en 1988 dans le Caucase. Lorsque je suis réapparu dans ma ville natale Philadelphie en 2006 en plein milieu du parc central, j’avais perdu 18 ans de ma vie et je ne sais pas ce qui s’est passé. J’ai découvert que l’on m’avait inséré dans le sang des nano bios me permettant de faires des choses étonnantes. Depuis, avec l’aide de quatre jeunes issus des 4400, je suis à la recherche de mon passé et aide les 4400 à maîtriser leurs dons. C’est pourquoi nous sommes devenus « les 4400 – defenders »

 

 - Lilly, tu es sûr que ça va aller ?

 Stillman venait de fermer la porte de son bureau.

 - Oui, c’est que… ! Enfin… La dernière fois que j’ai vu Dave, il partait pour la Caucase, pour une étude d’archéologie, Il était sensé revenir le mois suivant, mais il s’est passé quelque chose et depuis… !

 Elle regarda dans le vide :

 - Mais ça fait dix-huit ans !?

 - Si tu veux, tu peux prendre ta journée…!

 - Non, j’ai aussi besoin de savoir ! Comment est-il arrivé à l’hôpital ?

 - Nous l’avons retrouvé dans le parc ! On l’a trouvé errant avec de nombreuses contusions et il… !

 - Quoi ?

 - …Il était nu !

 

 Lilly entra la première dans l’hôpital. Scotty hésita un instant, puis la suivit. Arrivé au hall, il s’arrêta.

 - Tu ne viens pas ? Demanda Lilly.

 - …Enfin, je ne sais pas trop. C’est quand même ton ex-petit ami.

 - Et alors ?

 - Je ne sais pas, mais… s’il te voit avec moi, il va penser que… !

 - Tu es mon partenaire ! Je ne vois pas où est le problème !

 - Tu vois, je ne suis pas vraiment à mon aise avec ça… !

 Scotty tournait le regard dans tous les sens. Apparemment, il n’aimait pas cette situation.

 - C’est comme tu veux ! Lui répondit Lilly. Ce n’est pas grave, je le verrais seul, c’est tout !

 

 L’ascenseur s’ouvrit. L’inspecteur Rush avança dans le couloir que lui avait indiqué la fille à la réception.

 - Vous êtes Lilly Rush ?

 L’homme qui se présenta à elle avait la cinquantaine. Elle acquiesça.

 - Je suis le docteur Wright, c’est moi qui m’occupe de David Barth. Je dois vous prévenir : en plus des nombreuses contusions il semblerait qu’il ne se rappelle pas des dix-huit dernières années…

 - Comment cela ?

 - Il se peut qu’il ne vous reconnaisse pas vraiment. Il croit qu’il est encore en 88 !

 - …Et c’est déjà arrivé ?

 - Pour ma part, c’est la première fois que je vois un patient avec un tel cas d’amnésie. Mais c’est souvent le cas lors d’un évènement traumatisant ou d’une lésion au cerveau !

 - Est-ce que c’est le cas pour lui ?

 - Nous devons encore faire des analyses… mais il semble aller bien !

 - Je peux le voir ?

 - Oui, bien sûr !

 

 La chambre était presque vide. A part les huit lits, un seul était occupé. L’homme était assis et fixait le mur devant lui. Lilly s’en approcha lentement. Elle avait un peu peur. Peur de le retrouver changé, différent et peut-être plus le même qu’avant. Peur aussi de ses sentiments pour lui. Etait-elle encore amoureuse de lui ? Et lui ? Qu’est-ce qui restait de leur relation de collégiens ? Elle se souvenait qu’il avait été le seul à l’avoir aimé autant. Les hommes qu’elle avait connus après lui n’avaient jamais été autant engagés dans leur couple que David l’avait été.

 - Dave ! Chuchota-t-elle.

 Il se tourna lentement vers elle. Lilly s’avança vers lui, un peu timidement, puis avec le sourire. Il le lui rendit, mais le perdit rapidement.

 - Lilly ? Demanda-t-il.

 Il lui tendit le journal du jour.

 - C’est…c’est vrai ça ?

 Lilly était un peu étonnée. Il insista sur le journal.

 - On est vraiment en 2006 ?

 - Oui !

 Le regard de David se perdit dans les plis de son lit.

 - C’est impossible ! dit il. Qu’est-ce qui m’arrive ?

 Elle lui prit la main et s’assis sur le rebord du lit. Elle se dit qu’il n’avait pas beaucoup changé. Son visage avait un peu vieillit, comme le siens, mais son regard était resté le même. Enfantin. Aujourd’hui, il était vraiment perdu. Pour la première fois depuis longtemps, elle réagissait comme une femme. Ses yeux se remplirent de larmes et elle tenta de les dissimuler. Mais David le vit tout de suite.

 - Hey ! Dit-il. Je suis désolé, tout ça, c’est de ma faute ! Je n’aurais jamais du te dire toutes ces choses horrible ! Pardonne-moi !

 Lilly ne pu s’empêcher de rire dans ses larmes. Elle était dans la confusion et ne savait comment réagir. Elle finit par l’embrasser sur le front.

 - Ce n’est pas grave, Dave !

 

 David ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait. Tout lui semblaient avoir changé. Surtout Lilly. Elle n’était plus la jeune fille qu’il avait connu. En plus elle était de la police et sur une affaire criminel. Celle de son père.

 Depuis qu’il était à l’hôpital, le temps ne passait pas. Il était là à ne rien faire et pourtant il ne sentait plus la douleur sur sa peau. Il lui avait semblé, pendant la journée, que les blessures se refermaient d’elle-même.

 Il leva son bras gauche, et là, il ne vit plus aucune trace. Il tourna son bras dans tous les sens. Puis l’autre. Et enfin le reste de son corps. Tout était devenu propre. Puis il y eu autre chose. Une chose qui n’est pas naturel. Les lumières, les traces lumineuses commençaient à se dessiner sur son corps. D’abord les bras, puis le reste.

 David haleta. Son pou augmenta, puis ce fut la peur. La frayeur de l’inconnu, de l’inexplicable.

 - Qu’est-ce que ça veux dire ?

 

- Alors Scotty ?

 Stillman regarda en face l’inspecteur Valens.

 - On a un problème chef ! dit-il en accrochant son pardessus au porte manteau.

 Tous avaient les yeux sur lui. Il s’assit à son bureau et dit :

 - Il nous à berné, il n’est plus à l’hôpital !

 - Quoi ?

 - Les infirmières m’ont dit qu’il était sortit hier soir vers 22 heures !

 - Il n’aurait jamais fait ça sans raison ! Dit Lilly.

 - Faut croire qu’il avait un meurtre à se reprocher.

 Lilly Rush fixa son collègue d’un air furieux.

 - Bien les enfants. S’exclama John après un instant de silence. Lancé un avis de recherche au nom de David Barth !

 Puis en s’adressant à Lilly :

 - Nous devons le retrouver, non seulement à cause de l‘accusation pour meurtre, mais aussi pour sa sécurité ! Nous ferons tous pour l’aider !

 

 Les lumières dans le parc s’illuminaient les unes après les autres. Sur le banc dont il avait eu l’habitude de se rendre, David avait le regard vide. Il essayait de se souvenir de ce qu’il lui était arrivé. Mais rien. Aucun souvenir de ses dernières années. Les seuls souvenirs marquants étaient celui de son père gisant dans le magasin et des policiers l’empêchant d’entrer. Il lui semblait qu’on lui avait enlevé quelque chose. En plus de la disparition de son père, il lui manquait une chose importante. Peut-être la réponse à sa disparition.

 Il se débattait avec ce qui lui restait de ses souvenirs lors que la voix douce de Lilly le sortit de sa torpeur.

 - Je savais que je te retrouverais ici… !

 - J’étais certain de retrouver un peu de ma mémoire ici… ! Mais…

 - Mais ?

 - …Rien ! Je ne me souviens d’absolument rien… Dix-huit ans ! J’ai perdu dix-huit ans de ma vie. Comme ça en un clin d’œil… !

 Il la regarda arriver dans son lourd manteau serré jusqu’au cou. Elle avait l’air frêle, fragile. Un peu plus que dans ses souvenirs.

 - Tu as changé ! Lui dit-il.

 - On change tous en dix-huit ans !

 - Tous ! Mais pas moi ! Lui dit-il en la regardant dans les yeux. Enfin pas dans ma tête.

 Il ressentait toujours ce sentiment fort qu’il avait connu adolescent. Il lui fit un large sourire en se souvenant de ce qu’ils avaient vécu ensembles.

 - Ne me  regarde pas comme ça, Dave ! Dit-elle.

 - Quoi ? Demanda-t-il.

 C’était un plaisir de la revoir. Il voulait la prendre dans ses bras et la réchauffer comme il l’avait si souvent fait. Mais il n’en fit rien. Il réalisa soudain que beaucoup de choses avaient changés. Il détourna son regard de Lilly.

 - Qu’est-ce que je vais faire, maintenant ? Chuchota-t-il.

 L’inspecteur Rush ne répondit pas. En plus, elle ne savait pas encore comme elle allait lui dire pour son père. Et surtout, comment allait-il réagir en sachant qu’on le soupçonnait. Elle voulait le ménager. Lui faire passer le message en douceur. Elle ouvrit la bouche et voulut lui dire…

 - Et…et Elisabeth ? Demanda-t-il. Qu’est-ce qu’elle est devenue ?

 La jeune femme était surprise. Elle ne s’était pas attendue à cela.

 - He bien… ! Dit-elle. Je crois que ta sœur est…Heu ! A… Detroy.

 - Elle est mariée là-bas ? Demanda-t-il.

 - Heu… Je ne crois pas !

 - Il faut que je la voie ! Elle doit croire que je suis mort ou je ne sais quoi !

 Lilly sembla hésiter. Les yeux hagards, elle essayait de trouver les mots pour ne pas le blesser. Elle ne voulait pas encore laisser la discussion aller plus loin. Si elle ne le disait pas maintenant, elle ne lui dirait jamais. « Un peu de courage ma fille ! » Se dit-elle. Elle se pinça les la lèvre inférieure et se tourna vers lui.

 David lui souriait à nouveau.

 - Tu as toujours ce petit pincement quant tu as quelque chose d’important à dire ! lui dit-il. Je n’ai pas oublié…

 - Oui… ! Lui répondit-elle.

 Elle ferma les yeux un instant avant de prendre une profonde respiration.

 - Dave… ! Commença-t-elle.

 David la regardait du coin de l’œil. Il avait encore de la peine à réaliser que tout cela était vrai. Il avait la sensation d’être dans un rêve.

 - Et toi ? Demanda-t-il. Qu’est-ce que tu es devenu ?

 Lilly souris avec un  regard dans ses souvenirs.

 - He bien ! fit-elle. J’ai fais l’école de police et maintenant je  travaille comme inspectrice à la criminelle !

 - Waouh ! Je suis vraiment impressionné ? Qui aurait crus que la petite Lilly Rush qui filait du mauvais coton dans les rues malfamées de Philadelphie change de camp… ?

 Ils rirent. Ca faisait longtemps que Lilly n’avait pas ri comme ça. Elle en avait presque oublié le bonheur que cela lui procurait. Puis, Dave réalisa qu’il ne savait pas où il passerait la nuit.

 - …Et j’irais où, d’après toi ? Je n’ai aucun endroit où aller et je suppose que tu as une vie privée !

 - Non… ! Cria-t-elle. …Enfin, je veux dire : Oui !

 - Excuse-moi, Lilly, je ne voulais pas te mettre mal à l’aise. C’est jusque je suis entrain de me rendre compte qu’il ne me reste rien depuis la mort de mon père… ! Ce n’est pas important : je trouverais bien quelque chose !

 La jeune femme se tourna vivement vers lui.

 - Non ! Répéta-t-elle. Je trouverais un petit coin chez moi !

 - Tu es sûr ? Je ne veux pas te causer de problèmes ! Ton petit ami ne va pas apprécier… !

 - Je n’ai pas de petit ami pour le moment !

 - Ah ?

 Elle sourit à son tour.

 - Qu’est-ce que tu croyais ? Demanda-t-elle.

 - Je ne sais pas ! Dit-il. On ne se connait plus vraiment et tu es tout de même la seule qui me permet de garder un pied dans la réalité !

 Lilly se leva du banc. David la suivit.

 - Qu’est-ce que tu veux dire ?

 - He bien ! Depuis que j’ai repris connaissance, je ne fais que des scénarios dignes de Stephen King en me demandant ce qui aurait pu m’arriver !

 - Je vois !

 - Ce n’est pas drôle !?

 - Je vais trouver un moyen de changer ça… !

 

Le soleil éclairait déjà l’appartement lorsque David se réveilla sur le canapé. Il devait être 9 ou 10 heures et Lilly était déjà partie. Il se leva lentement et se toucha le front. Il avait un mal de crâne dont il se serait bien passé. Pourtant la seule chose à quoi il pensa était à sa sœur. Enfin à sa sœur d’adoption. Car son père l’avait adopté lorsqu’il s’était remarié avec Laura Crane. Elisabeth était bien la seule personne qu’il voulait voir. C’était comme s’il devait la contacter à tout prix. Envie ? Besoin ? Où était-ce la chose dans son corps ou son sang qui le faisait luire tout son corps dans la nuit ?

 C’est alors qu’il réalisa que tout cela n’était pas un rêve. Il  regarda ses mains et vit un changement. Comme si elles dégageaient maintenant une lumière autour de ses paumes. L’instant d’après, tout disparut. Il se frotta les yeux et mit cela sur le compte de la fatigue et son mal de tête. Il relava la tête et tourna un instant dans l’appartement. Le miaulement du chat le fit sursauter. Il le prit dans ses bras lentement comme dans son enfance. Il n’était pas effrayé. Pourtant celui-ci n’était pas banal, il avait un œil en moins. Puis un autre déboula de la cuisine. Il avait trois pattes. Puis un autre avec la queue en moins.

 - Ca c’est bien de toi, Lilly. Dit-il en regardant chacun d’eux. Sauver la « veuve et l’orphelin » !

 Il déposa le chat dans la cuisine et vit les gamelles déjà vides. Il fit une grimace et commença à ouvrir les armoires les unes après les autres. Il s’arrêta uniquement lorsqu’il trouva les boites pour chats.

 

 Le jeune homme resta planté devant l’ordinateur de Lilly. Elle lui avait dit qu’il y avait un mot de passe et qu’il pouvait se rendre sur internet. Il n’avait jamais imaginé que ce système, dont lui parlaient encore ses profs comme un outil d’avenir, pouvait se trouver dans tous les ménages en 2006. Il fut fasciné. Dans les minutes qui suivirent, il était connecté sur le web et commençait à comprendre le fonctionnement. Il trouve un moteur de recherche et tapa le nom de sa sœur. Aussitôt, il découvrit une tonne de renseignements sur toutes les Elisabeth Barth du pays. Il personnalisa sa recherche et tomba sur une dizaine de filles du même nom. Il releva les adresses et se leva.

 - Je suis désolé Lilly, dit-il. Mais je ne peux pas rester ici plus longtemps !

 Il trouve quelques dollars sur la table qu’il empocha rapidement.

 - Je te rembourserais ! Ajouta-t-il.

 

 Pendant tout le voyage dans le train, il ne pensa qu’à une chose. Il ne savait pas comment lui dire les choses. En fait il ne savait comment il expliquerait sa disparition. Mais il devait le faire. C’était quelque chose d’important. La seule chose qu’il redoutait, c’était sa réaction. Après un temps de réflexion, il se dit qu’après tout il trouverait bien quelque chose. Il s’adossa sur la vitre et ferma les yeux.

 

 L’arrêt du train le fit sursauter. Il était ankylosé et avait de la peine à reprendre ses esprits. Des gens passèrent devant lui mais il ne fit attention à aucun d’eux. Il referma les yeux et les rouvrit lorsqu’il entendit quelqu’un prendre une place de l’autre côté du compartiment. C’était une femme d’une cinquantaine d’année. Les cheveux cours bouclés et d’un rouge dénaturé. Il se demanda comment ces femmes pouvaient se faires des teintures aussi choquantes. La femme avait des rondeurs ressortant les plis de sa robe trop serrée. Elle pausa un sac noir à son côté et en sortit un livre écorché dans tous les coins comme pour bien montrer qu’elle le trainait toujours avec elle. David voulait l’ignorer, mais il lui semblait impossible de ne pas  remarquer cette femme. Elle n’arrêtait pas de bouger et de lui faires des commentaires qu’il commençait à répondre pas des signes affirmatifs et des sons gutturaux. Il voulut se tourner contre la fenêtre, mais quelque chose attira son attention. Il fixa longtemps le livre et réalisa qu’il tentait de déchiffrer le titre.

« Forty-four hundred and counting de Jordan Collier »

 Jordan Collier ! Collier ? Ce nom lui disait bien quelque chose. « Bien sûr ! » Se dit-il. « 1976 »

 C’était l’année ou il avait rencontré ce garçon de riche. Un vantard au lycée. Et aussi un dragueur invétéré. Les filles ne pouvaient lui résister. David se demandait encore aujourd’hui comment il faisait. Pourtant, dans le titre de ce livre, il ne comprenait pas pourquoi 4400 ?

 Puis il eu la mauvaise idée de demander :

 - C’est quoi les 4400 ?

 La femme le regarda avec surprise. C’était la première fois qu’on lui demandait ce qu’était les 4400.

 - Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant ?

 - Au courant de quoi ? Demanda David.

 La femme se redressa sur son siège pour mieux se caler.

 - Mais… ! S’exclama-t-elle. La boule de lumière vers Seattle !…Les 4400 quoi !

 David comprenant encore moins.

 - Les disparus ! Poursuivit-elle.

 David secoua la tête.

 - C’est incroyable ! S’exclama-t-elle. Tout le pays en a parlé en 2004 ! C’est écrit ici !

 Elle tendit le livre au jeune homme.

 - Vous sortez d’où mon garçon ?

 Il regarda la femme dans les yeux en lui rendant le livre.

 - …Et Jordan Collier en faisait partie ?

 - Bien sûr ! Il a même construit un centre à l’intention des 4400. C’est le premier à déclarer publiquement qu’il était l’un d’eux. Il est même convaincu qu’ils sont venus sauver le monde !

 - Sauver le monde ? De quoi ?

 - On ne sait pas ! Il ne dit rien dans son livre.

 La femme semblait tout de même déçue. Mais elle ne perdait pas son enthousiasme.

 - Certains racontent qu’ils auraient des pouvoirs…

Cette fois cette femme avait attiré vraiment son attention. Il se redressa sur son siège. Il était parfaitement réveillé.

 - Quel genre de pouvoirs ? Des lumières sur la peau ?

 - Ne dites pas de bêtises, jeune homme !… Il y en a qui peuvent prédire l’avenir !

 - Ca ce n’est pas nouveau… !

 - Attendez ! Ce n’est pas tout : D’autres projettent des objets contre les murs et d’autres encore peuvent entendre les pensées des gens… ! Ce n’est pas incroyable ça ?

 Le jeune homme haussa les épaules. Il n’avait jamais vraiment cru à ce genre de choses. Bien qu’il avait lu beaucoup de BD avec des Super-Héros possédants des superpouvoirs, mais c’était de la fiction. David resta un instant dans ses pensées. Il se demanda ce qui s’était passé pendant son absence. Il décida d’acheter un journal au prochain arrêt.

 L’instant d’après, il remarqua que la femme n’arrêtait pas de l’observer. Il était gêné. Il se tourna vers la fenêtre et laissa le paysage défiler. Puis lorsqu’il lui sembla être à nouveau tranquille, la femme s’adressa à lui :

 - Au fait, je m’appelle Linda ! Dit-elle en tendant une main ferme et épaisse.

 David lui rendit sa poignée de main en s’annonçant.

 - Et où va David de si bon matin ? Demanda-t-elle.

 - Detroy !

 

 Le taxi quittait rapidement le devant de la maison. David regardait la voiture jaune une dernière fois en se demandant comment il avait fait pour arriver jusqu’ici après avoir traversé au moins trois fois la ville. Enfin, c’était la dernière adresse de sa liste. Bien sûr, il aurait pu tomber plus vite sur la bonne, mais comme souvent, la dernière adresse restait peut-être la bonne. Il espérait encore.

 Il leva les yeux sur la petite maison. Evidemment, elle était identique à toutes celles de la rue, sauf le numéro changeait. Il respira un bon coup et poussa la porte avant de traverser un long corridor. C’était étrange. Il aurait cru qu’Elisabeth aurait choisi un endroit plus protégé que celui-ci. Tout semblait facile d’accès. Et tout n’était pas dans une propreté irréprochable. Il douta un instant. Allait-il aller plus loin ? Après cette maison, il ne saurait pas où aller.

 Il grimpa l’escalier jusqu’au cinquième. Il lança un regard sur sa fiche avant de constater que le numéro correspondait parfaitement. Il frappa.

 Pas de réponse. Il attendit un instant en se disant que si elle était là, elle n’avait certainement pas entendu. Il frappa une seconde fois. Même résultat. Il fit une grimace et se retourna. Et là, il entendit la porte s’ouvrir en grinçant. Une femme d’une quarantaine sortit de l’appartement d’en face.

 Elle ne le vit pas tout de suite. Une fine robe multicolore entourait ses jambes et un large blouson de cuir brun trop grand pour elle reposait sur ses frêles épaules. Une chevelure blonde dont on pouvait aisément découvrir qu’ils étaient teints, cachait une partie de ce visage déformé par une vie difficile. David la regardait fixement, se demandant ce qu’il pourrait bien dire à cette femme.

Lorsqu’il voulut l’aborder, celle-ci laissa tomber ses clefs et jura fortement avant de se baisser pour les ramasser. C’est dans ce sillage qu’elle vit notre ami. Elle le regarda d’un air surprit tout d’abord et cessa de mâchouiller son chewing-gum. David lui sourit timidement.

 - C’pour quoi ? Demanda-t-elle.

 - Heu… Elisabeth Barth ? C’est bien ici qu’elle habite ?

 - Qu’est-ce tu lui veux à la Lisa ?

 - Bien… !

 David ne savait pas comment commencer. Qu’allait-il dire à cette femme ? Qu’il n’avait pas vu sa sœur depuis dix-huit ans et que soudain, il avait une envie subite de la revoir ? Il était certain qu’elle ne le croirait pas.

 - Je suis son frère… ! Essaya-t-il de dire.

 - Lisa n’as pas de frère ! Rétorqua la femme. Alors fichez le camp !

 Dave regarda la femme prendre ses affaires, le devancer et se précipiter dans l’escalier.

 - Attendez ! Cria-t-il.

 Il se pencha sur la rambarde et interpella encore la femme.

 - C’est vrai ! Dit-il je ne suis pas exactement son frère ! Je suis plutôt un frère par adoption. Mon père s’était remarié avec sa mère il y a vingt ans. Et on porte le même nom !

 La femme s’arrêta brusquement. Elle regarda encore attentivement le jeune homme.

 - Alors… ! S’exclama-t-elle. C’est toi ? …Celui qui a disparu il y a vingt ans ?

 - …Dix-huit ans, plus exactement !

 - Dix-huit, …Vingt ! Pour mois c’est kif !

 Dave se rapprocha d’elle.

 - Vous savez où elle est ?

 La femme n’arrêtait pas de le regarder comme s’il était un mirage.

 - S’il vous plait ! Cria-t-il.

 Elle secoua la tête et finit pas dire :

 - Je…je ne sais pas ! Elle peut-être en ville ou à la  recherche d’un nouveau boulot !

 - Quelle genre de « boulot » ?

 - Un truc dans… ! Elle réfléchit un instant. Dans… !

 - …La chimie ?

 - Non ! Dit-elle en le fixant rageusement.

 - Quoi alors ?

 - Qu’ek chose dans des nouvelles technologies…

 - L’informatique ?

 - Oui !...Enfin Non ! C’est plutôt du médical… !

 - Le médical ? Elisabeth détestait tous les médecins… !

 Il descendit les marches pour se rapprocher d’elle.

 - Elle parle souvent de…Nano…Machin ! Un truc du genre.

 - …Nanotechnologie !

 - Ouais ! Un truc dingue Quoi !

 - Est-ce qu’elle travaille à l’université ?

 - Plus maintenant ! Elle le regarda dans les yeux. On est bonne copine vous savez ! Est-ce que vous êtes un 4400 ?

 - Quoi ?

 - Un des 4400 qu’on a retrouvé à Seattle !

 - Ha ! Ceux-là !

 David se gratta la tête. « Encore une ! » Se dit-il. Il se demanda comme les gens d’aujourd’hui pouvaient croire que le monde serait changé par des êtres venus du futur ? Il espéra que sa sœur ne soit pas devenue aussi obsédé par cette histoire de 4400.

 - Alors, vous en êtes ?

 Davis hésita.

 - …Non, je ne crois pas !

 David regarda la femme, droit dans les yeux. Il avait besoin de savoir.

 - Où es-ce que je peux la trouver ?

 - Qui ? Demanda-t-elle encore dans ses pensées des 4400.

 - Mais…Elisabeth, bien sûr !

 - Ah !...Oui !

 Elle réfléchit encore un moment, puis déclara :

 - En général, elle revient vers 17h.00 ou 17h30. Mais aujourd’hui, c’est mercredi et elle est à la bibliothèque jusqu'à 19h00.

 

La jeune femme aux longs cheveux noirs s’assis devant son bouquin. Elle était découragée. C’était la troisième fois de la journée qu’on lui faisait remarquée que ses qualifications étaient trop élevées pour le poste qu’elle réclamait. Pourtant elle ne demandait pas un salaire au-dessus de la demande ! Tout ce qu’elle voulait c’était d’arrêter d’aller chercher le tampon au bureau du chômage. Il devait bien y avoir dans cette ville un boulot pour elle. Même si elle devait faire de la paperasse de secrétaire, c’était déjà ça. Au moins, elle pouvait payer le loyer.

 Elle déposa nerveusement son sac sur la table. En fait pour sac, c’était un réservoir de littérature scientifique et un bloc note qu’elle remplissait tous les jours sur une théorie de sa composition sur la façon de développer les nanotechnologies. Mais c’était bien plus qu’une thèse. C’était un projet à long terme. Son bébé. Quelque chose qu’elle voulait accomplir dans sa vie. En tous cas, avant de quitter ce monde et laisser une trace pour la postérité.

 Enfin, elle ouvrit son bloc et c’est là qu’elle le vit.

 Elle resta les yeux figés sur lui. Immobile, paralysée par ce qu’elle ne croyait plus revoir. Elle ne savait plus si elle rêvait ou cauchemardait. Son cerveau semblait se vider à vitesse grand V. Certains souvenirs du passé lui revinrent brusquement.

 - …D…David ? Murmura-t-elle. C’est toi ?

 Le jeune homme lui souriait. Il ne l’avait pas imaginé ainsi. Elle avait un peu changé. Pas trop, car il reconnaissait la texture de ses lunettes. Bien qu’elles ne soient pas exactement les même, elles avaient la même forme. Ses cheveux étaient plus longs qu’en 1988. Ils étaient bouclés. Ce qui n’était pas le cas avant. Mais le reste n’avait pas changé.

 Il s’assit en face d’elle.

 - Elisabeth ! Dit-il.

 Ils restèrent un instant tous les deux à se regarder sans se dire un mot. Elle aussi reconnaissait son visage. Il avait un peu vieillit, il avait des petites rides sous les yeux qui lui donnait un charme dont elle ne pouvait rester indifférente. Mais c’était surtout les souvenirs qui revenaient comme si l’on rouvrait une vieille malle dont on aurait rempli à déborder. Elle se souvenait du premier jour où elle était entrée dans cet appartement à Philadelphie. Des moments où il l’avait soutenue devant ses copains de classe et surtout des moments où ils avaient passé à parler de l’avenir et des encouragements à accomplir ses rêves et leurs projets. Elle n’avait jamais eu de frères ou de sœurs. Mais Dave avait été plus que cela. Jamais une moquerie ou un  regard de jalousie. Et pourquoi ? Ils étaient tellement différents.

 Il lui prit la main. Comme pour se  rendre compte qu’elle était bien là, en face de lui. Puis ce fut les larmes qui coulèrent sur ses yeux à elle. Lui, il ne pu résister plus longtemps. Il pleura aussi. Il ne tarda pas à se lever et d’aller la rejoindre de son côté de la table. Il la prit dans ses bras et le frère et la sœur par alliance s’enlacèrent dans une grande émotion. Il n’y avait rien à dire. Ils savaient l’un et l’autre ce qu’ils voulaient. Maintenant ils seraient ensembles et ils le resteraient longtemps.

 - Je…je ne sais pas quoi dire ! Dit-elle.

 - On aura tous le temps de se raconter… ! Je n’ai pensé qu’à ce moment depuis que je suis revenu !

 

Trois semaines plus tard…

 

 Revenir à Philadelphie avait été un moment pénible pour David. Il avait laissé Lilly sans nouvelle et cela l’embêtait beaucoup. Il aurait voulu lui expliquer ce qui s’était passé et pourquoi. Mais le temps ne le lui permettait pas.

 Le bureau du notaire était vide. C’était une grande pièce, vue sur la ville et un espace large avec une table de bureau en verre fondue. Un ordinateur était posé sur le côté droit avec un écran plat d’où s’animait un écran de veille par défaut. Derrière une armoire de métal où s’empilaient les dossiers importants que l’homme de droit avait exposé avec fierté. Il y avait aussi, du côté du mur, une bibliothèque à l’ancienne, de styles européens du 17ème.

 David attendait là depuis quelques minutes. Soudain, le notaire entra tout en donnant des directives à sa secrétaire. Puis il se tourna vers le jeune homme. Il lui sourit.

 - David Barth ? Demanda-t-il. Asseyez-vous, je vous en prie !

 Dave ne se fit pas prier.

 - Alors ! Dit l’homme. Voyons de quoi il retourne !

 Il ouvrit le dossier de la famille Barth.

 - Legs et succession ! C’est bien cela ?

 David acquiesça.

 - Votre père, poursuivit-il, n’avait pas de grande fortune. Quelques 10 à 12 mille dollars sur un compte déduis aux impôts. Par contre…

 Il lui tendit un relevé de compte.

 - … Votre mère, c’est autre chose !

 Il ouvrit un dossier beaucoup plus lourd.

 - Comme vous le savez, votre grand-père maternel possédait l’une des plus grandes fortunes de la ville. Si ce n’est la plus grande. Malheureusement, votre mère n’a pas pu en profiter puisqu’elle est décédée dans ce terrible accident. Par contre, elle m’avait contacté à l’époque afin de vous déclarer unique légat de sa fortune !

 - Ce qui correspond ? Demanda David.

 - Ce qui correspond à plus de 3 milliards et demi de dollars en capital.

 David en resta bouche bé. Il n’avait jamais pensé à autant d’argent. Il savait que le père de sa mère avait été un homme riche, mais comme il y avait des tensions dans la famille, il ne pensait jamais à une telle abondance de fortune.

 - Il faut comprendre… Poursuivit-il. Que cela n’inclus pas les entreprises de votre grand-père. Deux ont du fermer. Quant aux autres les syndicats se sont arrangés pour créer des commissions de gestion en coopératives et reprendre l’entreprise à leur nom !

 David était déjà bien loin dans ses pensées et avait suivit les dernières explications du coin de l’oreille. Il pensait à Elisabeth. Leur vie allait changer. Des projets. Il en avait pleins la tête. Et surtout un…

 - Alors, monsieur Barth ? Qu’allez-vous faire ? Nous avons d’excellents conseillers en placement si vous le voulez… !

 - Merci Maître, Déclara enfin David. Mais je prépare un projet à Detroy ! Mais il est possible que je vous en parle dans les jours à venir. J’ai seulement besoin de réaliser ce qui m’arrive !

 - Je comprends ! Hé bien j’attends votre coup de fil… ! On garde le contact ! Il reste encore quelques formalités à remplir et vous serez l’un des hommes les plus riches du conté, si ce n’est du pays…

 David lui présenta une bonne poignée de mains et quitta le bureau.

 

 - Comment ça : Créer une société ?

 Elisabeth était surprise. Elle ne s’attendait pas à cela. David se tenait en face d’elle dans son appartement, avec un dossier sous la main. Il le déposa sur la table avec les autres qu’il avait sortit depuis son retour.

 - J’ai étudié toutes les possibilités ! Dit-il. C’est la meilleure solution : ça ne fait pas seulement plusieurs mois que tu cherche à développer ton projet. On peut louer des locaux, engager quelques personnes pour commencer… Et pour ce qui concerne les installations dont tu as besoin : donne-moi les références et je  te les trouverai… !

 Elisabeth soupira. Elle ne semblait pas vraiment enthousiaste pour un changement aussi rapide. Tout d’abord, David débarquait dans sa vie après 18 ans d’absence sans vraiment donner d’explication à sa disparition, puis il revenait avec un héritage que lui à laisser ses parents et enfin il voudrait créer une entreprise pour elle ! Elle n’y comprenait rien. Pourquoi cet engouement soudain pour son travail ? Et pourquoi maintenant ?

 - C’est de la folie, Dave. Beaucoup de choses ont changé depuis ta disparition. Tu ne peux pas débarquer et tout chambouler en une nuit !

 - Ce n’est pas ça… ! Dit-il.

 - Et où vas-tu trouver l’argent ?

 - J’investirai la plus grande partie et le reste j’arriverai à convaincre les banques à investir dans cette nouvelle technologie… !

 - Et moi ? J’aurai droit à quoi ? …A faire le boulot sous tes ordres ?

 - Bien sûr que non ! Je vais trouver un moyen pour que tu ais la moitié des parts à la fin de l’année… J’ai assez étudié le droit pour connaître les ficelles du métier… Fais-moi confiance !

 - M’ouais ! Fit-elle.

 Elle était presque convaincue. Il lui manquait un « je ne sais quoi » pour vraiment s’en convaincre. Elle en avait envie, mais tout cela semblait trop beau pour être vrai.

 - …si ça ne te conviens pas, tu pourras toujours aller voir ailleurs sans que tu perds le moindre cent dans cette aventure... Et si tout marche comme prévu, tu deviendras la plus jeune femme riche du pays… !

 Elisabeth se gratta la tête. Sa décision pouvait tout changer dans sa vie : elle n’aurait plus à chercher du boulot jusqu’au bout de la ville, elle aurait de quoi payer le loyer dans les temps et elle ferait exactement ce qu’elle voudrait et comment elle le voudrait. Jamais dans toute sa jeune vie, elle n’avait osé rêver d’une telle situation.

 - On commence quand ? Demanda-t-elle.

 - Demain à la première heure, nous irons voir les banques, le notaire et j’ai prévu d’autres rendez-vous pour  toute la semaine… !

 

1 an plus  tard

 

 L’ascenseur venait de s’ouvrir dans sa petite sonnerie habituelle, annonçant l’arrivé au 135ème étage. Les bureaux. Voila deux semaines qu’ils venaient de s’installer ici et David semblait satisfait pour le moment de ces locaux. NanoTechBarth & Cie était l’entreprise la plus en vogue depuis quelques mois. L’entreprise était dans tous les journaux de la région et l’on ne parlait que de Dave et Elisabeth Barth. La Nanotechnologie était devenue un centre de recherche et de développement dont les entreprises de technologie avancé, enviaient.

David Barth avait vu juste. On s’arrachait ses produits et la firme n’arrêtait pas d’en présenter de nouveaux. Pour les premiers, ils avaient ciblé le médical. C’est là qu’ils se dépassaient.

 - Monsieur Barth !

 Interpellait une jeune femme aux longs cheveux blond et dont le maquillage semblait faire partie de son visage.

 - Oui, Laura ?

 - Vous avez vos rendez-vous d’avant 9h00 sur votre bureau et la Maison Blanche vous envoie leurs félicitations pour le projet contre la myopathie ! J’ai aussi programmé une conférence de presse cet après midi vers 14h00 et vous avez un message sur votre répondeur…

 - C’est tout ?

 - Enfin presque… Poursuivit-elle. Elisabeth à passer toute la nuit au labo…

 - Quoi ? Encore ?

 Ce n’était pas la première fois qu’elle passait une nuit blanche. Pas souvent, mais lorsque c’était le cas, c’est que c’était important. Et cela pouvait concerner David.

 - Appelez-la et passer la moi dans mon bureau !

 - Bien ! Heu… !

 - Quoi encore ? Demanda-t-il dans sa contrariété.

 - Et… Votre café ? Vous le voulez maintenant ?

 Davis se détendit. Il réalisa que ce qui l’énervait ne concernait pas Laura.

 - Je suis désolé ! Dit-il. Mais j’ai passé une mauvaise nuit !

 - Encore vos cauchemars ?

 - Oui ! dit-il en soupirant.

 Il s’assit sur son fauteuil et contempla la vue sur la ville qu’il appréciait depuis une année maintenant. Puis il se tourna vers Laura qui sortait du bureau.

 - Pour le café ! Dit-il. …après le coup de fil à Elisabeth.

 Elle acquiesça et referma la porte derrière elle.

 Dave soupira une fois encore et vit le témoin du téléphone clignoter. Il actionna le bouton du répondeur et entendit ceci :

 - Dave ?…David Barth ?…C’est Henri Wisselski!

 On entendit des cliquetis puis un bruit sourd et bref. Un instant de silence suivit…

 - …Dave ! Si c’est bien à ton numéro, il faut absolument que je te voie… ! C’est important !

 Encore un long silence.

 - …Tu dois avoir reçu ma vidéo aujourd’hui …regarde là, Je t’explique tout…impossible de t’expliquer au téléphone…ils nous surveillent depuis quelques jours… !

 Puis il entendit des crissements. Henri dit quelque chose qu’il ne comprit pas. Alors le message fut coupé. Dave arrêta le répondeur. Il débrancha les fils et sortit avec l’appareil. Il était pressé.

 - Dave… ! Lança Linda en le voyant passer en vitesse.

 - Je descends ! Dit-il.

 Linda soupira en regardant son patron prendre l’ascenseur. Elle raccrocha son téléphone et se replongea dans son traitement de texte.

 

 - Petite sœur ! Dit David. J’ai besoin de ton aide.

 Elisabeth releva la tête des ses écrans. Son laboratoire était le plus grand du bâtiment et pour la première fois, Dave voyait des gobelets de café dans tous les coins. Sa sœur n’avait pas l’habitude de disséminer le reste de ses boissons partout dans le local. En plus elle avait les yeux fatigués. Elle ôta ses lunettes et s’approcha de son frère.

 - Qu’est-ce que se passe ? Demanda-t-il.

 - J’ai isolé les articules ! Dit-elle. Et j’ai trouvé de l’instabilité dans les nanos-bios !

 - Sur tous ?

 - Heureusement non ! En comparant les tiens, tout semblait entrer dans une logique. Mais en les implantant dans le rat. Nous avons constatés que ses défenses immunitaires ne réagissaient plus. C’est le sixième qui meurt en trois jours !

 David regarda autour de lui et fixa le répondeur un moment. Elisabeth planta son regard dans le microscope une fois de plus, et commença de nouveaux réglages.

 - Tu devrais rentrer à la maison et te reposer !

 - Je ne peux pas !                                             

 - Arrête Elisabeth ! Tu es là depuis plus de 36  heures. Et comme je te connais, tu n’as pas dormi une seule minute !

 - Tu veux connaître ma conclusion ? Cria-t-elle en se tournant vers lui. Les rats sont morts et si je ne trouve pas la raison, il se peut que tu subisses la même chose… !

 Elle avait les larmes aux yeux. David s’approcha d’elle, s’accroupis et lui saisit les mains.

 - Elisabeth, écoute-moi. J’ai ses nanos-bios à l’intérieur de mon corps depuis plus d’une année. Ou peut-être plus ! Il ne m’est rien arrivé jusqu'à aujourd’hui. Je suis toujours vivant !

 - Mais… !

 - Je vais bien !

 Elle se détendit. Dave se releva après lui avoir essuyé les yeux. Il lui tendit son mouchoir et la laissa se remettre.

 - Rends-moi service ! Dit-il. Rentre à la maison. Vas te reposer et reviens demain…

 Elle soupira et le regarda dans les yeux.

 - D’accord ! Seulement  tu me préviens tout de suite si tu sens que quelque chose ne vas pas !

 - C’est promis !

 Alors, elle se leva et réunis quelques affaires et prit le chemin de la porte. Elle ôta sa blouse blanche et l’accrocha à son crochet.

 - Repose-toi bien ! Dit-il.

 Ils se firent un dernier signe et Dave resta seul dans le labo de sa sœur. Il tapota sa main avec le répondeur. Il était tout de même inquiet. C’est vrai qu’au début de l’entreprise. Ils avaient travaillé comme des dingues, passant de longues soirées ensemble à élaborer et mettre sur pieds leur projet. Mais ils se reposaient toutes les nuits. Peut-être pas autant qu’ils le devaient, mais ils se reposaient. C’était pourtant la première fois qu’Elisabeth veillait trois jours de suite sans fermer l’œil. L’avait-il convaincu et rassuré ? Il espéra que oui. Car il devait se concentrer pleinement sur la situation d’Henri Wisselski. C’est vrai qu’il l’avait peu connu, mais c’était devenu un ami. Il se demanda comment Henri avait su pour son retour ? Peut-être l’avait-il vu sur la chaine locale ? Et reconnu ? Quoi qu’il en soit, le professeur Wisselski voulait entrer en contact avec lui.

 

 La porte s’ouvrit brusquement.

 - Elisabeth… ! Lança le jeune homme qui venait d’entrer.

 Il se retenu en voyant son patron.

 - Je…je suis désolé… ! Dit.il. Je ne voulais pas déranger !

 - Jason ! Lança Dave. C’est toi que je cherchais !

 - …Et Elisabeth ?

 - Elle avait besoin de se reposer ! Elle n’a pas bougé du week-end !

 - Elle est restée ici ?

 Le jeune homme s’approcha de son patron. Il avait les cheveux blonds, coupé court et ne portait pas de blouse blanche des chercheurs des laboratoires.

 - J’ai quelque chose pour toi !

 David lui tendit le répondeur.

 - Qu’est-ce que c’est ?

 - J’ai reçu un message sur mon répondeur et j’aimerais que tu l’analyses…

 - Pour quoi faire ?

 - Trouve l’endroit où l’appel a été émis et quand !

 - Ca, c’est facile ! Dit le jeune homme.

 Il saisit l’appareil et se lança dans ses locaux, à quelques pas d’ici.

 - Tu sais où se trouve Chan et Eric ! Demanda David.

 Jason se retourna et montra un regard surpris.

 - Ils sont en congé ! Vous devriez le savoir, on est lundi !

 - He bien ils devront prendre un autre jour. J’aurai besoin de vous trois !

 - Vous voulez que je les appelle ?

 - Non ! Je vais le faire !

 

 

 C’était une petite salle de conférence. En général, ces salles ne sont pas au sous-sol. Mais celle-ci l’était. La jeune fille était Chan Li et le garçon, était Eric Chandlers. Visiblement, ils ne s’aimaient pas beaucoup. Enfin Chan ne pouvait pas supporter Chandlers. C’est pourquoi la jeune fille s’était installée sur une chaise, dans un coin de la salle. Et le jeune homme, malgré ses distances ne quittait pas les yeux Chan Li. C’est vrai qu’elle était très jolie et avec un physique de rêve. Pour Eric, elle était ce qu’il attendait de la vie et d’une relation amoureuse. Mais était-ce vraiment de l’amour ? Du sexe, peut-être.

 - Arrête ! lui lança-t-elle excédée par sa façon de la regarder.

 - Quoi ? Je n’ai rien fait !

 - Tu parles… !

 Elle détourna le regard, dégouter par l’attitude du jeune homme.

 - A chaque fois c’est pareil ! Dit-elle. Tu ne peux pas arrêter de me regarder comme si j’étais une bête de cirque ? Et ne me refais plus le coup de l’invisibilité. Parce que je vais te faire souffrir longtemps et ça te semblera une éternité !

 Le garçon sourit de fierté.

 - Je le savais : tu es folle de moi !

 - Dans tes rêves… !

 La porte s’ouvrit. David Barth et Jason Worthside entrèrent. David les regarda un peu amusé de leur attitude. Il se rappelait aussi ses années collège.

 Jason tenait un lecteur-enregistreur minidisque et le pausa sur la table avant de s’asseoir. Les deux autres se rapprochèrent attendant les explications qu’on allait leur donner.

 - Je suis désolé de vous avoir sortit de votre congé, mais nous avons une affaire des plus troublantes à résoudre… !

 Il se saisit de la télécommande et lança la vidéo sur l’écran en face. On voyait un homme d’une quarantaine d’années se placer devant la caméra et s’assurer des réglages. Ensuite, il réajusta ses lunettes et commença son discourt.

 

 - Bonjour ! Je suis le professeur Henri Wisselski. Avec mon équipe, nous sommes sur le fameux site archéologique de Larioso en Espagne. Et nous venons de faire une découverte des plus troublantes :

- Accrochez-vous chers confrères ! – Toutes nos reliques, peintures et ossements sont à quelques détails prêt, identique au site où je travaillais dans le Caucase il y a 18 ans… !

 La caméra se tourna et présenta quelques photos accrochées sur un tableau en face. Cela représentait des dessins préhistoriques ainsi que des ossements datant d’une époque très ancienne.

 - Ce qui est curieux ! Poursuivit Henri. C’est que toutes ses reliques ne sont pas datables au Carbone 14, contrairement à ceux trouvé dans le Caucase. Cependant, ils représentent la même scène et la même histoire. A la différence près qu’ici, les guerriers ne sont pas des femmes, mais des hommes. Compréhensibles, me direz-vous en sachant que le Caucase était un territoire désignés dans les récits d’Homère par territoire des Amazones. Ici, en Espagne, il n’y a jamais eu d’amazones ! Par contre… !

 Il présenta à la caméra une photo d’un dessin.

 - …Là, se sont les mêmes représentations de créatures géantes, peintes en bleu ! Et ce langage…, cette écriture… !

 Il présenta une autre photo avec des caractères inscrits à même la roche.

 - …Ce n’est ni grec, ni gothique et même pas arabe. On ne sait toujours pas ce que c’est… Et pour traduire… Que dalle !

 Dave avança la vidéo…

 - Ici, ce sont des points scientifiques des théories multiples… Ce qui m’est apparut plus troublant, c’est le dernier message… !

 Il arrêta la vidéo, après que l’on ait pu voir qu’il y avait des coupures.

 - Ceci à été enregistré trois jours après !

 On voyait Henri placer la caméra et se placer devant. Mais cette fois, il n’était pas dans la même humeur qu’auparavant. Ses cheveux étaient en bataille, ses mains semblaient avoir été plongées dans la terre et l’on pouvait encore voir les articulations en sang. Son visage était aussi terreux et une traînée de sang coulait du haut de son front. Il s’était assis en se laissant tomber sur la chaise. Il soufflait fort comme s’il avait courut un marathon. Son regard était apeuré il avait de la peine à trouver les mots :

 - …C’est horrible !… Jamais vu une chose…possible !... Mort !…Ils sont tous mort !...Je…je ne sais pas…si j’aurais le  temps de… !

 A ce moment là, Henri tourna le visage loin derrière la caméra. Il était encore plus effrayé.

 - Dave Barth !...Si tu es vraiment revenu…Tu es le seul à savoir…Aide-nous… !

 Et la vidéo s’arrêta là.

 

 Dave éteignit l’écran. Il avait déjà visionné le film, mais il était toujours pris pas la même émotion. Il se cala au fond de sa chaise et respira profondément.

 - Ce matin j’ai reçu un message sur mon répondeur que Jason a analysé ! Je ne vous dis pas que c’était la voix d’Henri Wisselski et que sa vie est en danger ! Seulement, Jason a trouvé quelque chose d’intéressant… !

 - Avec les procédés informatiques, nous arrivons à isoler une partie du son et le développer suffisamment pour le rendre plus clair… !

 - Viens-en au fait… !

 - …Il y a quelque chose sur la bande dont j’aimerais vous faire part… !

 Jason pressa sur le bouton « Start »

 Le son qui en sortit n’était pas la voix. Mais des voix. Les mots n’étaient pas clairs, mais on reconnaissait bien la langue. Puis, il y eu comme un sifflement court et une vibration métallique encore jamais entendu. Et pour finir, un grésillement qui rappelait la façon dont fait de la viande sur un grill.

 - Vous pensez qu’il est mort ? Demanda Chan.

 - Il est impossible de le savoir. La seule chose qui est certain c’est qu’il est encore en Espagne et qu’il a besoin de nous !

 - C’est là qu’on va ? Demanda Eric.

 - Les filles sont chaudes, là-bas ! Lança Jason pour taquiner son ami.

 Chan Li lui fit une grimace.

 - Soyez prêt ! Dit David. Nous décollons dans une heure !

 

 Quelques heurs plus tard, Espagne.

 

 La jeep sauta sur une bute et s’arrêta brusquement. Les garçon sautèrent rapidement et saisirent leurs sacs. Chan ouvrit la portière et descendit lentement avec un pincement aux lèvres. David Barth saisit son blouson noir et réajusta ses lunettes noires.

 - Merci Roberto ! Dit-il.

 L’espagnol lui fit un signe avec la main sur son chapeau.

 - On se revoit dans deux jours ? Le chauffeur acquiesça et redémarra son véhicule.

 

 L’endroit était vide. On trouvait tout de même trois tentes et un baraquement de bois usagé dont on avait renforcé les coins faibles par de neufs plus clairs. Eric et Jason tournaient leurs regards aux alentours espérant trouver quelqu’un. Chan se rapprocha de Dave et dit :

 - Vous êtes sûr que c’est ici ?

 - Ca m’en a tout l’air !

 Eric chiquait son chewing-gum et souriait. Il n’avait pas une seule idée de ce qui l’attendait et pourtant, il ne s’inquiétait pas. Il prenait toujours les choses avec bon humeur. C’était peut-être sa façon de cacher ses peurs.

 Jason lui bouscula le coude et dit :

 - Viens ! On va installer la tente !

 Les garçons se saisirent des sacs et se mirent au boulot.

 

 David était devant la porte d’entrée du baraquement. Il se demandait ce qu’il allait trouver. Tout semblait être à sa place. Puis il reconnu la salle dont Henri avait utilisé pour faire sa vidéo. Par contre il ne trouva pas la caméra sur le trépied. Ni aucun appareil photo ou ordinateur portable. Mais sur la table du fond, il trouva  des traces laissé autours par la poussière. Il y avait des trainées indiquant qu’on avait saisit les appareils dans la précipitation. Puis ses yeux s’éclairèrent d’une couleur bleue. Ses nanos-bios réagirent comme des détecteurs dans les yeux. Il parcourut la salle en essayant de détecter quelque chose dont les yeux humains ne peuvent voir. Mais il ne trouva rien, pas même une trace de sang. Alors il décida de sortir. C’est à se moment qu’il vit une minuscule lumière rouge clignoter. Il regarda de plus prêt et vit qu’il s’agissait d’une mini-caméra de surveillance.

 - …Sans fil…?

 Alors il sortit de ses mains ce qui ressemblait à un écran 3d. Une image de synthèse s’illumina au-dessus de ses mains et il écarta les bras pour donner plus de grandeur à l’écran. Cela donna un graphique précis de la caméra, mais aucun contact avec un récepteur dans la région.

 Il était encore concentré sur les images que la voix retentis au-dehors.

 

 C’était un cri strident et semblait sortir des cordes vocales d’une femme.

 David se précipita hors de la cabane. Il fut vite rejoint par Jason et Eric.

 - D’où cela viens ? Demanda-t-il.

 - …De la forêt ! Précisa Jason. Enfin… Je crois !

 Les garçons se précipitèrent dans les fourrés et suivirent un sentier entre les arbres. Les cris reprirent et Eric arriva le premier derrière un rocher. Il resta figé et surprit par ce qu’il voyait. Derrière lui arriva Jason et David.

 

 

A suivre…

Ecrit par humana 
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ShanInXYZ, 10.08.2022 à 18:12

Voyage au centre du Tardis : thème de la semaine, l'Aventure qui vous a le plus marqué, on attend vos photos alors passez voir le Docteur

sanct08, 10.08.2022 à 21:43

Bonsoir, animations + forums + sondages vous attendent sur Le Caméléon et X-Files ! De même un nouvel EV vous attend chez Jarod !

Emilie1905, Avant-hier à 12:01

Nouveau sondage sur A Million Little Things : pour vous, qu'est-ce que l'amitié ? Venez cliquer !

bloom74, Avant-hier à 17:25

La finale et petite finale de la SuperBattle dans le quartier The Boys est en cours, venez voter nombreux pour 2 héros Marvel et 2 héros DC

chouchou70, Avant-hier à 17:58

coucou, nouveau sondage sur le quartier friday night lights, venez nombreux

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